Les hommes oubliés de Dieu

mardi 6 septembre 2011

Les hommes oubliés de Dieu, ce sont ces miséreux des quartiers pauvres du Caire, que Cossery connaît comme sa poche. Les personnages hauts en couleurs de l’écrivain évoluent dans des rues aux noms évocateurs : « La rue de la Femme-Enceinte » (ainsi nommée à cause de ses habitantes toujours en état de grossesse), la « « ruelle Noire »" où la misère y était posée, sérieuse, et d’une parfaite égalité d’humeur », le « sentier de l’Enfant-qui-Pisse » où l’on croise un professeur de mendicité qui distille son savoir à l’école des mendiants.

Deux échappatoires s’offrent à cette population crasseuse.
Le sommeil, « primitif, essentiellement vain, sans heurt, sans effort, lourd comme une pierre qui glisse au fond de l’eau », un sommeil qui permet de tromper sa faim et de quitter ce monde ordurier pour quelques heures.
Et le haschich, « seul enchantement véritable dans ce monde de misère ».

La galerie de portraits que nous offre Cossery est croustillante, comme ce Safrout qui veut faire breveter les injures nouvelles qu’il invente quotidiennement ou le cruel gendarme Gohloche au "sourire qui était comme le reflet d’un crachat anonyme", le facteur qui "avait l’air d’un produit falsifié de l’espèce humaine, une sorte d’inconvenance particulière et très significative" ou bien encore le lettré Gad qui entre deux crises de dysenterie, invente une façon révolutionnaire de mendier.
Ce qu’on pourrait prendre pour de la férocité de la part de l’écrivain, est en fait une immense tendresse pour ces hommes, femmes et enfants, oubliés de Dieu, des nantis et de la civilisation triomphante. Olivia Marsaud in Afrik.com

  • Albert Cossery est né le 3 novembre 1913 au Caire
    Il fréquente les écoles françaises du Caire. Dès l’âge de 10 ans, parfaitement initié à la littérature française, il commence à écrire romans et poèmes. La rencontre avec Henri Muller lors d’un voyage aux États unis aidera Cossery à publier son premier ouvrage « Les Hommes oubliés de Dieu » en 1940. Cinq ans après, il s’installe à Paris.
    Albert Cossery ne tombe jamais dans le cynisme, conférant à son style une grâce dynamique et humoristique. À la question : « Pourquoi écrivez-vous ? », Albert Cossery répond : « Pour que quelqu’un qui vient de me lire n’aille pas travailler le lendemain »...
    Albert Cossery s’est éteint le dimanche dans sa chambre de l’hôtel La Louisiane où il résidait depuis plus de 60 ans à à l’âge de 94 ans.

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